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COIN DE L’AIGRI : A Conakry, question sonorisation, on n’a pas à se plaindre

A Conakry, question sonorisation, on n’a pas à se plaindre. Il y a ce qu’il faut comme équipement. Mais, à force de mettre des haut-parleurs surpuissants partout, dans les maquis comme dans les lieux de culte, la prochaine génération de citoyens aura les tympans en compote.

 

Moi, en un rien de temps, je suis devenu dur de la feuille. Un peu avant le début de la semaine, le maquis d’à côté a changé de propriétaire, le nouveau s’appelle Faustin.

Le maquis est toujours là, avec ses chaises, ses ouvre-bouteilles, ses serveuses aux longues jambes qui n’en finissent pas et ses cendriers. Il s’appelle toujours ‘’Auberge de la Paix Plus’’. J’ai toujours la Guiluxe à portée de jambes mais, maintenant, j’ai aussi la musique dans mon salon et dans ma chambre.

 

C’est gratuit, sans devis ni palabres. Le nouveau propriétaire, Faustin, a installé une sono toxique dans le bar. Elle fait du bruit comme un groupe électrogène à 30 millions chez Maguette Fall. Depuis ma chambre, je la reçois cinq sur cinq. Il y a de la musique zaïroise, du zouk et des tubes variés. Chez moi, le vendredi, le lafidi tremble tout seul dans l’assiette sur un rythme Ndombolo. Ma fille, Princesse, se plaint tout le temps. Pas à cause du tintamarre mais pour le genre de musique. Elle dit qu’elle est Fataya et pas chawarma. Genre je préfère Ryanna au Bembeya.

 

Faustin, le nouveau propriétaire, est vraiment un escroc. Il me vend la Guiluxe, me la décapsule sous le nez mais m’empêche de faire la sieste après ma bibine. Je préférais l’ancien avec son lecteur de CD coréen qui ne faisait pas plus de bruit qu’un papillon.

 

Lui, il ne faisait chier personne. Depuis qu’il est parti, je me bouche les oreilles avec du coton et je prends des cachets d’aspirine générique.

 

Finalement, je me demande si c’est si bien de loger à côté d’un maquis.

Au début, l’idée m’enchantait. Je me sentais un peu comme un lion à côté d’un grenier à viande. Mais, maintenant, je doute. Vivre à coté d’un maquis, c’est courir un grand risque de devenir soûlard. Et puis, on y croise des types louches, de sacrés enfoirés avec des poches sous les yeux et le canif dans la poche. Enfin, je gâte leurs noms mais je compte bien sur eux pour piquer la sono du nouveau patron, un soir sans lune et sans électricité. Et après j’irai voir à au moins un kilomètre à Pyabounyi si s’y suis.

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